Parfois, lorsque je sors de l'atelier après avoir peint pendant deux heures et demie devant un modèle vivant, mon tableau est presque fini. Ce n'était pas le cas le jour où ce modèle est venu poser.
D'abord j'avais pris une toile d'un format assez grand : 20F, impossible de la recouvrir correctement en si peu de temps.
Et puis, si ce modèle m'avait beaucoup intéressée, ce que j'en avais fait ne me satisfaisait absolument pas.
J'avais fait des recherches de couleurs pour le fond, mais ce fond faisait un grand "vide".
J'ai laissé ce tableau "reposer" plusieurs semaines, puis je l'ai repris. J'ai commencé par neutraliser ce fond en le recouvrant d'un noir en couche légère.
Puis j'ai complètement repris les couleurs du corps en travaillant dans des roses très doux. Ce qui n'était pas dans mes habitudes, mes couleurs étant généralement beaucoup plus violentes !
Et j'ai travaillé sur les mains qui n'étaient qu'ébauchées.
Il restait toujours le problème de ce grand fond vide...
Dans mon atelier j'ai un joli (vieux) fauteuil Louis Quinze un peu dépenaillé. Je me suis assise dedans pour regarder ma peinture et réfléchir. Et puis, subitement, j'ai eu une illumination, une folle envie de donner à mon fauteuil une seconde jeunesse en l'introduisant dans mon tableau.
Et ainsi est né mon "Nu dans un fauteuil Louis Quinze".
Huile sur toile