Et j'expliquais aussi que j'avais pu récupérer ce moule de plâtre. Ce moule me donnait la possibilité de faire d'autres tirages, mais à quoi bon décliner des clones de ma statue ?
Une idée me trottait dans la tête : créer une autre pièce qui rendrait compte de la femme qui a vécu. Celle qui n'est plus toute neuve, mais blessée par la vie, et à chaque fois replâtrée, rafistolée par le temps qui adoucit les peines et cicatrise les plaies. Une femme couturée de cicatrices mais toujours belle et femme, et affrontant courageusement les agressions à venir.
Reprendre mon thème de la femme-puzzle développé à plat par mes mosaïques de céramique, mais en volume.
Et puisque le moule était utilisable, il me servirait de support pour concrétiser cet assemblage.
Et je me suis lancée.
Par estampage, j'ai "foncé" ce moule (on utilise ce terme en pâtisserie) de morceaux de terre de différentes couleurs : terre rouge, terre rose, terre noire, terre blanche. Et ceci en prenant soin que les morceaux n'adhèrent pas les uns aux autres, en interposant un film plastique entre eux.
Je les ai décollés du moule au bout de quelques jours, alors que la terre était encore humide, mais déjà ferme, afin d'éviter de les déformer.
Et j'ai travaillé sur ces morceaux : des impressions de dentelles, des applications d'engobes colorées en bleu turquoise, pour donner à la terre un côté féminin, évoquer les lingeries, accentuer l'érotisme.
Des lignes de trous qui permettraient des laçages reliant deux tessons entre eux.